Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /Déc /2008 00:09

A l’heure où les méthodes d’éducation sont remises en causes avec l’éternelle réforme du système éducatif à laquelle on a droit à chaque nouveau mandat, j’ai eu envie d’écrire sur cette «éducation» qui fait la fierté des politiciens mais aussi ses conséquences sur la population. Pour cela je prendrai en exemple la matière «Histoire Géographie» pour laquelle j’ai un grand intérêt.


Le système éducatif français est conçu de telle sorte que les programmes sont décidés par le ministère de l’éducation et les pédagogues sont supposés les enseigner avec des méthodes plus ou moins préétablies (je généralise volontairement).


Ainsi les thèmes sélectionnés par la classe politique sont éparpillés parmi les différentes classes de niveaux; on y retrouve l'Égypte des pharaons, les guerres mondiales, l’histoire des religions, l’histoire de France, les particularités géographiques des grandes puissances (USA, Japon etc….), la répartition des richesses naturelles (eau, pétrole…), le Darwinisme.


Il y a là la volonté d’enseigner aux élèves le plus de savoir possible afin qu’ils puissent avoir un aperçu de ce qu’il se passe sur tout le globe, cet universalisme en soit n’est pas un problème car d’un point de vue strictement factuel ce savoir est correct.


On peut cependant reprocher à ce système le fait d’enseigner certains faits à des élèves à des âges où ils n’ont pas forcément le recul nécessaire pour les apprécier. Par ailleurs, il y a ensuite la volonté indirecte d’évoquer les faits concernant plusieurs pays tout en les hiérarchisant quelque peu. Or on connait les conséquences d’une hiérarchisation de l'histoire sur les populations concernés; de fait selon la façon dont elle est enseignée on aura toujours le sentiment que la guerre d’Indochine est moins «importante» que la guerre d’occupation allemande alors que se sont là deux formes de résistances assez semblables, mais la méthode d’enseignement suggère qu’elle n’est qu’un épisode de la chute de l’empire colonial français.


Le choix de cette matière est murement réfléchi car il est selon moi représentatif d’un manque de sens critique que l’on peut observer tout les jours. Les élèves sont évalués sur des connaissances et des dates apprises par cœur sans que leur soit demandé de remettre ces faits en question.


On peut penser que cela est logique compte tenu du niveau intellectuel des élèves, mais apprendre tant de connaissances par cœur validées en amont par l’organe étatique c’est prendre le risque de les laisser grandir avec ces mêmes idées en tête (qui sont en quelque sorte les versions officielles des faits du point de vue Français). Ainsi on peut voir aujourd'hui des gens vous parler des enjeux d'un conflit avec la même argumentation qu'un écolier et ce sont ces même personnes qui assimilent les discours des médias sans aucune remise en cause.


Je ne prétend pas là qu'il y a une vérité cachée sciemment par la presse mais simplement que ce laxisme de la population à identifier les tenants et les aboutissants d'un conflit est extrêmement dangereux: on se souvient qu'à ce propos que certains pensaient sincèrement que les États-Unis sont entrés en guerre avec l'Irak en raison des armes de destruction massives et pour y implanter la démocratie. On le devine ce qu'il y a craindre c'est une amnésie collective face à des drames humains; c'est pour cela que l'on a des gens qui pensent aujourd'hui que les Palestiniens sont illégitimes à proclamer la propriété du territoire. Le traitement médiatique du conflit ne prend jamais soin d'exposer les faits depuis leur origine à savoir la spoliation d'un peuple de sa terre; or étant donné qu'à l'heure actuelle seul Israël est reconnu comme une nation cela induit le postulat que seul ce pays est légitime.


Voilà le point que je voulais souligner: un peuple laxiste et une presse qui est partie liée avec le pouvoir dominant engendrent des amnésies collectives qui versent dans le déni du droit des peuples à exister. Le drame c'est qu'à force d'entendre une vision unilatérale de l'Histoire, les descendants de ces peuples opprimés finissent par assimiler ce discours jusqu'à en oublier la réalité historique comme pour les enfants d'immigrés des anciennes colonies françaises. Le proverbe dit: «n'oublies pas ton histoire ou bien le monde t'oubliera» et bien il faut ici mettre les peuples face à leur responsabilité qui est de rechercher et de perpétuer la vérité historique mais aussi la presse qui est censée traiter les événements de façon objective.







Par abou
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