Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 02:07

   Si on part du principe que le citoyen critique et contestataire n'est pas entendu car la structure du régime politique l'empêche de rendre son avis majoritaire, il peut être amené à ressentir une certaine fatalité un peu comme pour la corruption en Afrique.

Il y va de même pour l'individu qui ne serait pas d'accord avec la politique géostratégique de son pays (guerres, politique d'immigration, ingérence....) et qui se rendrait compte que son avis n'a aucune chance d'être entendu.

  • D'un côté on a un système imparfait qui se reproduit constamment via les écoles de politiciens (L'ENA, sciences politiques,..). Je n'ai rien contre le principe de faire perdurer ces usines à hommes (et femmes) politiques (la reproduction des élites étant pour moi une conséquence logique de la société) mais je pense qu'à force on en perd le principal objectif; je m'explique:

Plus jeune je croyais naïvement que chaque ministre était un professionnel dans son domaine, c'est à dire que le ministre de l'économie et des finances était un économiste et que le ministre de l'environnement était un spécialistes de ces questions.
Le problème réside dans le fait que les politiciens ayant tous la même formation, ils n'ont pas plus de légitimité à diriger un ministère que leurs collègues (font exception à cela des gens comme Bernard Tapie ou Pierre Bérégovoy à qui on reprochait justement leurs origines populaire ce qui montre que subsiste une certaine lutte des classes). En somme le travail d'un ministre consiste à gérer un budget et à rester dans l'axe gouvernemental en ce qui concerne la communication. (ma vision de la politique peut sembler naïve ou utopique mais je l'assume)

  • De l'autre côté on a une population qui a perdu toute véhémence, qui n'est plus capable de se soulever même lorsque ses intérêts sont en jeu et même si certains se rendaient compte de cela ils n'auraient pour ainsi dire aucun moyen d'action.

Ce qui donne au final un environnement propice à la reproduction perpétuelle de ce régime.

Mais pour autant les gens disposent encore d'un moyen d'agir. En effet, dans le système économique actuel, la consommation de masse est un des facteurs déterminants dans une optique de croissance.

D'ailleurs dans cette période de crise, le discours des politiques incite les gens à garder "confiance", comprenez: "continuez à consommer, ne bougez rien, ça va passer". Car pour relancer l'économie il est indispensable que les ménages consomment, qu'ils souscrivent des crédits immobiliers ou automobile. (on a l'exemple des "subprimes" où la consommation des ménages américains a une incidence sur la finance mondiale)

On a l'exemple du secteur de la santé alimentaire: à l'époque face au problème grandissant de l'obésité, il y a eu le démarrage de campagnes officielles pour éviter la mal bouffe, les producteurs sentants un marché naissant ont communiqués agressivement sur des produits moins caloriques. Et lorsque la polémique concernant l'anorexie a commencé à faire surface, la campagne de communication s'est inversée et on les incite à manger plus: dans les deux cas les producteurs et l'Etat s'y retrouvent car quand bien même la santé alimentaire est préoccupante, il ne faut pas que les ménages réduisent leur consommation (pourtant il serait logique de dire à quelqu'un qui mange trop de réduire sa consommation, seulement là on lui propose seulement de manger autrement).

Remarque: un médecin disait sur un plateau télé qu'il était objectivement mensonger de traiter de façon égale (médiatiquement) les cas d'anorexie et d'obésité tant ils ne sont pas comparables statistiquement parlant (l'anorexie restant marginale).

Cependant ne soyons pas candides, n'est-ce pas le propre de la science économique que de réduire l'homme à sa fonction d'agent tout en niant toute la dimension humaine?

Si on ne reconnait à l'homme que sa fonction d'acheteur et si celle-ci est à ce point déterminante pour la santé de l'économie, il s'agit là d'un levier très efficace et le plus incitatif à une prise en compte des intérêts de tous.

Néanmoins, tout appel à des boycotts de produits polémiques sur le plan géopolitique et humain sont suivi par une riposte médiatique massive (cf : l'article sur Nike et les ONG), si bien que le consommateur ne sait plus qui croire et il finit par écouter le plus bruyant, l'alerte étant étouffée par ses campagnes de désinformation.

Il ne s'agit pas là d'un appel général à un boycott mais simplement d'inviter chacun à une petite introspection et à réfléchir sur le fait qu'acheter un produit n'est pas un acte si anodin que cela, c'est un acte tant économique que politique.






Par abou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Pages

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus