Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 02:03

En voilà un thème d'actualité, mais encore s'agit-il de savoir ce qu l'on entend par solidarité.

Définition (wiki): En science sociale, la solidarité est un sentiment bienveillant que ressentent des hommes à l'endroit d’autres hommes, généralement des membres d’un même groupe qui se sentent liés par une communauté d'intérêts.

Définition basique et a laquelle j'adhère dans une certaine mesure car je pense qu'en fonction des valeurs des individus, ils peuvent être enclins à la solidarité vis à vis d'autres personnes que ceux de leur groupe (parenthèse fermée).

On voit souvent des reportages sur des pays en proies à des difficultés politiques où les ONG font un travail humanitaire colossal auprès des populations vivant dans des zones difficiles d'accès même pour les autorités; je pense au cachemire, à la Palestine (soutenue à distance par des ONG sur le Web) ou au Darfour.

Ce n'est pas par hasard si je parle des ONG car dans le paysage international, on peut dire qu'elles ont le "monopole" de la solidarité et il serait malvenu de remettre en cause leurs actions.
Non, ici ce n'est pas le fond mais la forme que je critique. En effet, si leur projet d'aide humanitaire, à l'environnement et médicale est louable, il n'en va pas de même pour les moyens utilisés dans leur démarche.

Je m'explique: il suffit de se pencher un peu sur la structure de ces organisations pour se rendre compte qu'elles ont le même fonctionnement que les entreprises. Ce qui est gênant, c'est qu'elles sont parfois financées par des groupes qui contribuent à exploiter des hommes et des femmes dans les pays défavorisés.

Prenons pour exemple le cas de Nike dont il est de notoriété publique que cette société fait travailler des enfants dans ses usines en Asie. Et bien cette même société finance un projet nommé "the girl effect: change starts with a girl" (je vous laisse interpréter cette phrase) pour aider à l'émancipation des filles à travers le monde. L’argent ainsi récolté sera reversé via des ONG pour qu'il parvienne aux intéressées.
Passons le fait que Nike souhaite axer sa communication vers les femmes avec tout ce que cela implique de conséquences; d'un point de vue factuel et en résumant, à travers diverses actions de ce type Nike est en train de "blanchir" son image vis à vis du grand publique avec le concours des ONG. D'où mon scepticisme vis à vis de ces organisations qui ferment les yeux sur les moyens pour arriver à une fin.


Autre exemple: le cas de la "Croix Rouge" et de la catastrophe du tsunami en Asie du sud-est qui détient le record du nombre de dons. Il se trouve que j'ai des amis qui sont bénévoles dans une association chargée d'aider la population Sri lankaise et je tiens d'eux que la Croix rouge n'a toujours pas matérialisé sur place l'élan planétaire de solidarité. Cela avait fait débat à l'époque et l'un des responsables de l'organisme avait répondu que l'argent était placé dans des SICAV monétaires faute d'organisme bancaire stable sur place en mesure de prendre le relais. Argument peu convaincant vu l'urgence de la situation et vu la taille de l'organisation.

Plus récemment il y a eu la débâcle des kidnappeurs de l'arche de Zoé/Chidren rescue au Darfour qui ont été condamnés par la justice puis graciés par le président Sarkozy (j'avais précédemment mis en exergue l'immixtion de l'exécutif dans le judiciaire) qui fait fi de la jugement qui les avait jugés pénalement coupables.

Le ton de cet article est volontairement sarcastique mais il faut savoir que la majeure partie des ONG n’est absolument pas connue du public et il n'empêche qu'elles sont vitales dans certains cas.

Ces différents comportements jettent le discrédit sur toutes les initiatives solidaires qu'elles soient humanistes ou religieuses jusqu'au point où la générosité est devenue suspecte et les gens doutent de la nature de l'emploi de leurs dons.

Il y a bien eu des gens dans l'histoire qui se sont distingués par leur grande empathie mais cela me semble irréaliste de nos jours dans nos sociétés individualistes. On entend d'ailleurs ça et là des commentaires affligeants sur certains SDF genre: "c'est un mode de vie qu'il a choisit" ou encore "quand on veut s'en sortir on y arrive".

Il ne s'agit pas là de pleurer sur le manque de bonté et de générosité (quoique) mais simplement de constater que le malheur d'autrui ne produit plus aucune émotion chez les gens. Après tout on donne si on veut et si on peut mais de là à douter de la détresse des autres et à l'assimiler à de la comédie ou à un choix d'existence montre à quel point l'homme se méfie de la détresse même sous sa forme la plus manifeste.

En conclusion, le terme de "solidarité" n'est pas galvaudé aujourd'hui mais je pense que l'internationalisation de telles organisations leur fait perdre cette spontanéité vitale au dynamisme et à la fidélité vis à  de l'objectif de départ. La solidarité étant d'abord un acte d'un homme envers un autre et non celui d'une structure avec sa marque et ses sponsors.

 

 

Par abou
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