Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 23:49

Il est vrai qu'il n'est pas forcément juste de parler du "monde arabe" étant donné qu'il est divers mais je me suis permis la généralisation avec l'Afrique noire donc je n'y vois pas d'inconvénient.

Comme je l'ai dit précédemment le ton du président Sarkozy change radicalement dès lors que l'interlocuteur dispose d'une richesse dont il a besoin. Je m'attarderai sur trois pays en particulier afin d'étayer mes propos: La Libye, la Tunisie et l'Arabie saoudite.
Ce sont trois voyages diplomatiques du président Sarkozy qui n'ont pas manqué d'attirer mon attention et il est intéressant de constater le changement d'approche diplomatique en fonction de son homologue.


Tout d'abord il s'est rendu en Tunisie rencontrer son homologue le président Zine el Abidine ben Ali. Les entrevues ont eu lieu à huis clos au palais de Carthage ce qui empêchait la presse française et locale d'y assister. C'était l'occasion d'observer sur le terrain l'homme qui prétendait:"La France sera entendue des autres sur toutes les questions y compris les plus sensibles, celles des droits de l'Homme, si elle-même fait des efforts".

Le résultat est que Sarkozy prétend s'être entretenu avec son homologue tunisien sur la question des prisonniers politiques et ajoute même: "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".

Je ne connais pas précisément la situation de la Tunisie mais je pense que pour se faire un avis objectif de l'action d'un gouvernement il fut porter attention à ce qu'en disent les dissident (comprenez ceux que le pouvoir en place tente de faire taire); tous s'accordent à dire qu'il s'agit d'une dictature et que l'opinion même est sanctionnée.

D'ailleurs Mme Ramatoulaye Yade (son vrai prénom) qui pensait naïvement pouvoir honorer son entrevue avec une association féminine droit de l'hommiste. Initiative avortée après son rappel à l'ordre par le président car il était apparemment venu pour parler business et rien d'autre. Il le dit lui même qu'il ne souhaite pas se poser en "en donneur de leçons" ( ne l'avait-il pas fait lors de sa visite à Dakar?).

Les journalistes déçus de ne pas avoir pu couvrir l'événement dans son intégralité auraient dû s'y attendre car Sarkozy s'était déplacé avec une armada de chefs d'entreprise dans l'optique de conclure quelques contrats et poser les bases de «l'union pour la méditerranée».

Voyez que dès lors qu'il y trouve un intérêt économique, le président Sarkozy fait fi de ses convictions humanistes et se dédouane de son statut de moralisateur.


Il y eu ensuite le visite du colonel Mouammar el Kadhafi en France qui a provoqué un tollé chez les journalistes français qui regrettaient l'accueil d'un «dictateur» sur le sol français. Vu de l'extérieur cette manœuvre a tout l'air d'un échange de bons procédé car la libération des infirmières bulgares précède tout juste le retour du président libyen sur la scène internationale ce qui a permis à Sarkozy (et à sa femme) de faire un coût médiatique non négligeable et il faut rappeler au passage que la Libye a passé une commande de 20 milliards d'euros en matériel. Ce qui explique ce retour en grâce de Kadhafi qui «booste» au passage l'économie française.

Enfin tout le monde s'est étonné de cette visite à l'heure où le président à décider nommer un secrétaire d'État aux droits de l'homme et cet événement fut l'occasion d'observer à quel point les hommes(et femmes) du gouvernement sont démunis face aux Président et la phrase de Mme Yade est révélatrice de son impuissance et de sa frustration:"Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". (petite rébellion sans lendemain)


Je termine cet article en évoquant le passage du président Sarkozy en Arabie Saoudite; voyage une fois de plus placé sous le symbole du business. En effet la France a ainsi conclu plusieurs contrats avec la royauté Saoudienne avec la même délégation de ministres et autres hommes d'affaires.

Il y avait pourtant des thèmes de discordes entre les deux pays dont l'un est président des droits de l'homme. Mais une fois n'est pas coutume le président a opté pour la cape du VRP faisant même taire ses réticences envers l'islam car en État islamique régit par la charria le pays hôte ne saurait recevoir un couple non marié car il n'accepte pas la notion de concubinage et Ryad ne saurait être le théâtre de son idylle avec Carla Bruni.


On remarque alors que le discours de la France est a géométrie variable selon que l'interlocuteur est détenteur ou non d'une matière première indispensable à son économie (gaz, pétrole et contrats militaires).


Cette visite dans le monde arabe est selon moi un moyen de vérifier le proverbe africain qui dit que «quand l'argent parle, la vérité se tait»

Par abou
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