Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /Déc /2008 00:09

A l’heure où les méthodes d’éducation sont remises en causes avec l’éternelle réforme du système éducatif à laquelle on a droit à chaque nouveau mandat, j’ai eu envie d’écrire sur cette «éducation» qui fait la fierté des politiciens mais aussi ses conséquences sur la population. Pour cela je prendrai en exemple la matière «Histoire Géographie» pour laquelle j’ai un grand intérêt.


Le système éducatif français est conçu de telle sorte que les programmes sont décidés par le ministère de l’éducation et les pédagogues sont supposés les enseigner avec des méthodes plus ou moins préétablies (je généralise volontairement).


Ainsi les thèmes sélectionnés par la classe politique sont éparpillés parmi les différentes classes de niveaux; on y retrouve l'Égypte des pharaons, les guerres mondiales, l’histoire des religions, l’histoire de France, les particularités géographiques des grandes puissances (USA, Japon etc….), la répartition des richesses naturelles (eau, pétrole…), le Darwinisme.


Il y a là la volonté d’enseigner aux élèves le plus de savoir possible afin qu’ils puissent avoir un aperçu de ce qu’il se passe sur tout le globe, cet universalisme en soit n’est pas un problème car d’un point de vue strictement factuel ce savoir est correct.


On peut cependant reprocher à ce système le fait d’enseigner certains faits à des élèves à des âges où ils n’ont pas forcément le recul nécessaire pour les apprécier. Par ailleurs, il y a ensuite la volonté indirecte d’évoquer les faits concernant plusieurs pays tout en les hiérarchisant quelque peu. Or on connait les conséquences d’une hiérarchisation de l'histoire sur les populations concernés; de fait selon la façon dont elle est enseignée on aura toujours le sentiment que la guerre d’Indochine est moins «importante» que la guerre d’occupation allemande alors que se sont là deux formes de résistances assez semblables, mais la méthode d’enseignement suggère qu’elle n’est qu’un épisode de la chute de l’empire colonial français.


Le choix de cette matière est murement réfléchi car il est selon moi représentatif d’un manque de sens critique que l’on peut observer tout les jours. Les élèves sont évalués sur des connaissances et des dates apprises par cœur sans que leur soit demandé de remettre ces faits en question.


On peut penser que cela est logique compte tenu du niveau intellectuel des élèves, mais apprendre tant de connaissances par cœur validées en amont par l’organe étatique c’est prendre le risque de les laisser grandir avec ces mêmes idées en tête (qui sont en quelque sorte les versions officielles des faits du point de vue Français). Ainsi on peut voir aujourd'hui des gens vous parler des enjeux d'un conflit avec la même argumentation qu'un écolier et ce sont ces même personnes qui assimilent les discours des médias sans aucune remise en cause.


Je ne prétend pas là qu'il y a une vérité cachée sciemment par la presse mais simplement que ce laxisme de la population à identifier les tenants et les aboutissants d'un conflit est extrêmement dangereux: on se souvient qu'à ce propos que certains pensaient sincèrement que les États-Unis sont entrés en guerre avec l'Irak en raison des armes de destruction massives et pour y implanter la démocratie. On le devine ce qu'il y a craindre c'est une amnésie collective face à des drames humains; c'est pour cela que l'on a des gens qui pensent aujourd'hui que les Palestiniens sont illégitimes à proclamer la propriété du territoire. Le traitement médiatique du conflit ne prend jamais soin d'exposer les faits depuis leur origine à savoir la spoliation d'un peuple de sa terre; or étant donné qu'à l'heure actuelle seul Israël est reconnu comme une nation cela induit le postulat que seul ce pays est légitime.


Voilà le point que je voulais souligner: un peuple laxiste et une presse qui est partie liée avec le pouvoir dominant engendrent des amnésies collectives qui versent dans le déni du droit des peuples à exister. Le drame c'est qu'à force d'entendre une vision unilatérale de l'Histoire, les descendants de ces peuples opprimés finissent par assimiler ce discours jusqu'à en oublier la réalité historique comme pour les enfants d'immigrés des anciennes colonies françaises. Le proverbe dit: «n'oublies pas ton histoire ou bien le monde t'oubliera» et bien il faut ici mettre les peuples face à leur responsabilité qui est de rechercher et de perpétuer la vérité historique mais aussi la presse qui est censée traiter les événements de façon objective.







Par abou
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 02:07

   Si on part du principe que le citoyen critique et contestataire n'est pas entendu car la structure du régime politique l'empêche de rendre son avis majoritaire, il peut être amené à ressentir une certaine fatalité un peu comme pour la corruption en Afrique.

Il y va de même pour l'individu qui ne serait pas d'accord avec la politique géostratégique de son pays (guerres, politique d'immigration, ingérence....) et qui se rendrait compte que son avis n'a aucune chance d'être entendu.

  • D'un côté on a un système imparfait qui se reproduit constamment via les écoles de politiciens (L'ENA, sciences politiques,..). Je n'ai rien contre le principe de faire perdurer ces usines à hommes (et femmes) politiques (la reproduction des élites étant pour moi une conséquence logique de la société) mais je pense qu'à force on en perd le principal objectif; je m'explique:

Plus jeune je croyais naïvement que chaque ministre était un professionnel dans son domaine, c'est à dire que le ministre de l'économie et des finances était un économiste et que le ministre de l'environnement était un spécialistes de ces questions.
Le problème réside dans le fait que les politiciens ayant tous la même formation, ils n'ont pas plus de légitimité à diriger un ministère que leurs collègues (font exception à cela des gens comme Bernard Tapie ou Pierre Bérégovoy à qui on reprochait justement leurs origines populaire ce qui montre que subsiste une certaine lutte des classes). En somme le travail d'un ministre consiste à gérer un budget et à rester dans l'axe gouvernemental en ce qui concerne la communication. (ma vision de la politique peut sembler naïve ou utopique mais je l'assume)

  • De l'autre côté on a une population qui a perdu toute véhémence, qui n'est plus capable de se soulever même lorsque ses intérêts sont en jeu et même si certains se rendaient compte de cela ils n'auraient pour ainsi dire aucun moyen d'action.

Ce qui donne au final un environnement propice à la reproduction perpétuelle de ce régime.

Mais pour autant les gens disposent encore d'un moyen d'agir. En effet, dans le système économique actuel, la consommation de masse est un des facteurs déterminants dans une optique de croissance.

D'ailleurs dans cette période de crise, le discours des politiques incite les gens à garder "confiance", comprenez: "continuez à consommer, ne bougez rien, ça va passer". Car pour relancer l'économie il est indispensable que les ménages consomment, qu'ils souscrivent des crédits immobiliers ou automobile. (on a l'exemple des "subprimes" où la consommation des ménages américains a une incidence sur la finance mondiale)

On a l'exemple du secteur de la santé alimentaire: à l'époque face au problème grandissant de l'obésité, il y a eu le démarrage de campagnes officielles pour éviter la mal bouffe, les producteurs sentants un marché naissant ont communiqués agressivement sur des produits moins caloriques. Et lorsque la polémique concernant l'anorexie a commencé à faire surface, la campagne de communication s'est inversée et on les incite à manger plus: dans les deux cas les producteurs et l'Etat s'y retrouvent car quand bien même la santé alimentaire est préoccupante, il ne faut pas que les ménages réduisent leur consommation (pourtant il serait logique de dire à quelqu'un qui mange trop de réduire sa consommation, seulement là on lui propose seulement de manger autrement).

Remarque: un médecin disait sur un plateau télé qu'il était objectivement mensonger de traiter de façon égale (médiatiquement) les cas d'anorexie et d'obésité tant ils ne sont pas comparables statistiquement parlant (l'anorexie restant marginale).

Cependant ne soyons pas candides, n'est-ce pas le propre de la science économique que de réduire l'homme à sa fonction d'agent tout en niant toute la dimension humaine?

Si on ne reconnait à l'homme que sa fonction d'acheteur et si celle-ci est à ce point déterminante pour la santé de l'économie, il s'agit là d'un levier très efficace et le plus incitatif à une prise en compte des intérêts de tous.

Néanmoins, tout appel à des boycotts de produits polémiques sur le plan géopolitique et humain sont suivi par une riposte médiatique massive (cf : l'article sur Nike et les ONG), si bien que le consommateur ne sait plus qui croire et il finit par écouter le plus bruyant, l'alerte étant étouffée par ses campagnes de désinformation.

Il ne s'agit pas là d'un appel général à un boycott mais simplement d'inviter chacun à une petite introspection et à réfléchir sur le fait qu'acheter un produit n'est pas un acte si anodin que cela, c'est un acte tant économique que politique.






Par abou
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /Oct /2008 03:14

Si on regarde un peu l'histoire de la France et plus précisément l'histoire du peuple français, on se rend logiquement compte qu'il est à l'origine de tous les changements de régimes. Évidemment ces changements de régimes, quelque soit le pays, ont eu pour préalable une dynamique populaire plus ou moins révolutionnaire.

Et on sait aussi qu'une révolution est par définition violente là aussi quelque soit le pays (France, Russie, Chine..); des gens sont morts, des monarques ont été décapités, d'autres ont été condamnés à l'exil. Elle émane généralement d'un ras-le-bol su peuple qui voit ses conditions de vie se détériorer de façon durable.

Tous les régimes connus dans le passé ont été renversés par des révolution hormis le régime dans lequel nous vivons: la démocratie. De là à conclure que c'est le meilleur système? Je ne crois pas.
Aujourd'hui toute critique de la démocratie est violemment réprimée par les humanistes qui le considère comme le plus puissant bouclier contre le totalitarisme et par les politiciens qui se retranchent derrière la citation de Winston Churchill: "la démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres"

Ces derniers jours je me posais une question: de quels moyens dispose le citoyen français s'il veut remettre en cause ce régime? Avant la réponse était simple il lui suffisait de descendre dans la rue en criant "allumez torches, brandissez fourches!!" (Je plaisante). Mais aujourd'hui comment son mécontentement est-il reçu?

Le régime démocratique français est basé sur le suffrage universel direct et le désaccord du peuple doit logiquement être exprimé via les urnes. Si tant est qu'on lui permette de voter car pour le cas du traité de constitution européen le "non" l'ayant remporté la première fois, le pouvoir a décider de faire voter le parlement en niant l'avis du peuple.

Or il est avéré que la révolution est forcément violente mais dans ce cas où est passée cette violence qui caractérisait le peuple des siècles passés.

Selon moi, elle s'est dissoute dans la démocratie; je m'explique. Etant donné que les révolutions sont menés généralement par les classes les plus laborieuses, dans le jeu moderne de la politique (où chaque parti doit aller chercher ses électeurs) des partis dits "populaires", "communistes" ou "révolutionnaires" (parfois les trois) ont tenté d'institutionnaliser cette colère de prolétaires (ouvriers, agriculteurs...) pour en faire un électorat.

Ce qui fait qu'aujourd'hui, le seul moyen d'exprimer son mécontentement réside dans son bulletin de vote, donc de nos jours une révolution telle que la France en a connu avec un peuple déchaîné et revanchard ne risque pas de voir le jour car il a été "domestiqué", d'autant qu'on ne manque pas de lui rappeler que la situation des pays non démocratiques est loin d'être enviable. (Propagande? non, information).

De fait, lorsque l'on s'est rendu compte de cela que peut-on y faire? On est vite gagné par le scepticisme car on se dit que le système est verrouillé car il y a toute une propagande de la pensée unique qui véhicule l'idée selon laquelle le vote blanc (le plus contestataire) fait le jeu des extrêmes. Donc soit on vote pour un parti qui ne partage pas nos idées (le moins pire) soit on est un communiste ou un frontiste latent anti-citoyen.

Si on ajoute à cela une presse qui plébiscite elle même ses candidats et diffuse des sondages qui vont dans ce sens. Or il ne faut pas oublier que chaque sondage répond à une commande d'un groupe ou d'un journal qui veut que telle question soit posée de telle manière à un panel bien défini. Tout ça pour donner l'illusion d'une unité nationale sur une question alors que seulement 1000 personnes sont interrogées.

A titre personnel, je ne crois aux sondages quels qu'ils soient pour la simple et bonne raison qu'on ne m'a jamais demandé mon avis et je pense pas que 1000 personnes pensent de la même manière que 60 millions. Pourtant cela marche car la presse comme les politiciens emploient des formulent génériques: "les français veulent" ou encore "le moral des français....." pour orienter le débat.

Peut-on encore parler de démocratie quand le système se propose de penser à la place du peuple. Si le peuple n'est pas connu pour sa capacité de réflexion, on reconnaissait à l'époque sa spontanéité dans le combat pour la justice sociale.

 

 

 

Par abou
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 14:08

Si il y a un truc que je remarque à chaque compétition sportive internationale, c'est à quel point le peuple français ne soutient pas ses sportifs et ce quelque soit la discipline.

Outre le fait évident qu la France n'a pas de culture sportive, il est surprenant d'entendre des phrases du genre:"ils sont nuls" ou encore "c'est une équipe de merde". Pour avoir voyagé un peu, je me rends compte qu'il n'y a vraiment qu'en France que la ferveur et l'amour du drapeau soit si faible.

Si on pousse plus loin le raisonnement on remarque que ce constat peut aussi s'appliquer au pays tout entier. En effet, je me posais la question de savoir qui aujourd'hui aime la France?

A mon sens il n'y a que les politiciens qui vivent encore dans la fierté gaullienne et qui ne perçoivent pas que la notion de patriotisme a disparue de toutes les couches sociales.

  • Le patronat estime être le plus lésé de tous les patronats du monde en matière de fiscalité et de charges sociales et salariales. Dès lors que le gouvernement se met en tête de faire voter une loi populiste en faveur des ménages, le financement revient toujours en bout de chaîne aux entreprises. D'où ces vagues de délocalisation vers les pays à faible coûts et si on ajoute à cela des banques qui ne favorisent pas l'initiative par l'octroi de crédits, on obtient des capitalistes déçus et rancunier vis à vis du système français.


  • De leur côté les salariés estiment à l'inverse que les plus-values ne sont pas redistribuées de façon équitable entre le travail et le capital et que l'État ne pense qu'à favoriser les De plus, vu la faiblesse actuelle des syndicats, les salariés ont la sensation d'être à la merci de leur employeur et des licenciements massifs qui en découlent.


  • Les seniors se retrouvent coincés sur le marché du travail parce que l'on a décidé que leur ancienneté coûtait trop cher. Ils ont un sentiment de déni de leurs qualités et subissent l'ingratitude des employeurs pour qui ils ont travaillé la moitié de leur vie. Ils s’estiment donc victimes d'une société qui ne jure que par un jeunisme dans les médias, les entreprises, la fonction publique.


  • Les jeunes eux ont le sentiment qu'on ne leur donne pas leur chance ni l'occasion d'acquérir l'expérience demandée. Ils n'ont pas l'impression d'avoir la place qui échoit naturellement à chaque nouvelle génération et qu'il faut "éliminer" un vieux  pour lui prendre sa place.


Si j'énumère ces catégories sociales c'est pour faire remarquer que ce sont les politiques clientélistes des gouvernements qui se sont succédés (de Pompidou à Sarkozy) qui sont à l'origine de ces clivages à l'intérieur du peuple.
Au final, personne n'est satisfait du système français: les hommes, les femmes, les chômeurs, les retraités, les travailleurs pauvres, les étudiants, les fonctionnaires.

Le patriotisme français est quasiment inexistant et pourtant les français sont très attachés à leur régions (l'Alsace, la Provence, la Corse, les Chti's) ce qui est un paradoxe que l'on peut expliquer par le fait qu'ils ne se reconnaissent pas dans la notion française de nation.

De fait, on peut sourire lorsque l'on entend des phrases comme:"La France aimez la ou quittez la" ; car si ces personnes étaient pris aux mots nombre de gens partirait.

Je pense également qu'il y a un autre facteur explicatif: celui de l'histoire de la France. Ce pays ayant toujours fait partie des puissantes nations de ce monde, il a commis des actes qui sont aujourd'hui durs à assumer pour "le pays des droits de l'homme". Je pense à l'esclavage, les colonisations, les guerres, l'occupation, la collaboration... et les français ont inconsciemment envie de se désolidariser de ce passé (auquel il n'ont rien à voir).

Mais ce que je trouve le plus étrange, c'est que les pays vaincus lors de la dernière guerre mondiale (Japon, Allemagne) et qui ont perdu tout signe de puissance extérieure sont aujourd'hui des nations fières (bien que timorées sur le plan international) qui regardent vers l'avenir quand la France traîne derrière elle ses vieux démons du passé.

Et ce manque d'affirmation se retranscrit au niveau du peuple qui ne ressent aucune peine à ce que la France soit ridiculisée dans les grandes compétitions: L'euro 2008 et les Jeux Olympiques en sont des exemples flagrants.

 

 

Par abou
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 02:03

En voilà un thème d'actualité, mais encore s'agit-il de savoir ce qu l'on entend par solidarité.

Définition (wiki): En science sociale, la solidarité est un sentiment bienveillant que ressentent des hommes à l'endroit d’autres hommes, généralement des membres d’un même groupe qui se sentent liés par une communauté d'intérêts.

Définition basique et a laquelle j'adhère dans une certaine mesure car je pense qu'en fonction des valeurs des individus, ils peuvent être enclins à la solidarité vis à vis d'autres personnes que ceux de leur groupe (parenthèse fermée).

On voit souvent des reportages sur des pays en proies à des difficultés politiques où les ONG font un travail humanitaire colossal auprès des populations vivant dans des zones difficiles d'accès même pour les autorités; je pense au cachemire, à la Palestine (soutenue à distance par des ONG sur le Web) ou au Darfour.

Ce n'est pas par hasard si je parle des ONG car dans le paysage international, on peut dire qu'elles ont le "monopole" de la solidarité et il serait malvenu de remettre en cause leurs actions.
Non, ici ce n'est pas le fond mais la forme que je critique. En effet, si leur projet d'aide humanitaire, à l'environnement et médicale est louable, il n'en va pas de même pour les moyens utilisés dans leur démarche.

Je m'explique: il suffit de se pencher un peu sur la structure de ces organisations pour se rendre compte qu'elles ont le même fonctionnement que les entreprises. Ce qui est gênant, c'est qu'elles sont parfois financées par des groupes qui contribuent à exploiter des hommes et des femmes dans les pays défavorisés.

Prenons pour exemple le cas de Nike dont il est de notoriété publique que cette société fait travailler des enfants dans ses usines en Asie. Et bien cette même société finance un projet nommé "the girl effect: change starts with a girl" (je vous laisse interpréter cette phrase) pour aider à l'émancipation des filles à travers le monde. L’argent ainsi récolté sera reversé via des ONG pour qu'il parvienne aux intéressées.
Passons le fait que Nike souhaite axer sa communication vers les femmes avec tout ce que cela implique de conséquences; d'un point de vue factuel et en résumant, à travers diverses actions de ce type Nike est en train de "blanchir" son image vis à vis du grand publique avec le concours des ONG. D'où mon scepticisme vis à vis de ces organisations qui ferment les yeux sur les moyens pour arriver à une fin.


Autre exemple: le cas de la "Croix Rouge" et de la catastrophe du tsunami en Asie du sud-est qui détient le record du nombre de dons. Il se trouve que j'ai des amis qui sont bénévoles dans une association chargée d'aider la population Sri lankaise et je tiens d'eux que la Croix rouge n'a toujours pas matérialisé sur place l'élan planétaire de solidarité. Cela avait fait débat à l'époque et l'un des responsables de l'organisme avait répondu que l'argent était placé dans des SICAV monétaires faute d'organisme bancaire stable sur place en mesure de prendre le relais. Argument peu convaincant vu l'urgence de la situation et vu la taille de l'organisation.

Plus récemment il y a eu la débâcle des kidnappeurs de l'arche de Zoé/Chidren rescue au Darfour qui ont été condamnés par la justice puis graciés par le président Sarkozy (j'avais précédemment mis en exergue l'immixtion de l'exécutif dans le judiciaire) qui fait fi de la jugement qui les avait jugés pénalement coupables.

Le ton de cet article est volontairement sarcastique mais il faut savoir que la majeure partie des ONG n’est absolument pas connue du public et il n'empêche qu'elles sont vitales dans certains cas.

Ces différents comportements jettent le discrédit sur toutes les initiatives solidaires qu'elles soient humanistes ou religieuses jusqu'au point où la générosité est devenue suspecte et les gens doutent de la nature de l'emploi de leurs dons.

Il y a bien eu des gens dans l'histoire qui se sont distingués par leur grande empathie mais cela me semble irréaliste de nos jours dans nos sociétés individualistes. On entend d'ailleurs ça et là des commentaires affligeants sur certains SDF genre: "c'est un mode de vie qu'il a choisit" ou encore "quand on veut s'en sortir on y arrive".

Il ne s'agit pas là de pleurer sur le manque de bonté et de générosité (quoique) mais simplement de constater que le malheur d'autrui ne produit plus aucune émotion chez les gens. Après tout on donne si on veut et si on peut mais de là à douter de la détresse des autres et à l'assimiler à de la comédie ou à un choix d'existence montre à quel point l'homme se méfie de la détresse même sous sa forme la plus manifeste.

En conclusion, le terme de "solidarité" n'est pas galvaudé aujourd'hui mais je pense que l'internationalisation de telles organisations leur fait perdre cette spontanéité vitale au dynamisme et à la fidélité vis à  de l'objectif de départ. La solidarité étant d'abord un acte d'un homme envers un autre et non celui d'une structure avec sa marque et ses sponsors.

 

 

Par abou
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 23:49

Il est vrai qu'il n'est pas forcément juste de parler du "monde arabe" étant donné qu'il est divers mais je me suis permis la généralisation avec l'Afrique noire donc je n'y vois pas d'inconvénient.

Comme je l'ai dit précédemment le ton du président Sarkozy change radicalement dès lors que l'interlocuteur dispose d'une richesse dont il a besoin. Je m'attarderai sur trois pays en particulier afin d'étayer mes propos: La Libye, la Tunisie et l'Arabie saoudite.
Ce sont trois voyages diplomatiques du président Sarkozy qui n'ont pas manqué d'attirer mon attention et il est intéressant de constater le changement d'approche diplomatique en fonction de son homologue.


Tout d'abord il s'est rendu en Tunisie rencontrer son homologue le président Zine el Abidine ben Ali. Les entrevues ont eu lieu à huis clos au palais de Carthage ce qui empêchait la presse française et locale d'y assister. C'était l'occasion d'observer sur le terrain l'homme qui prétendait:"La France sera entendue des autres sur toutes les questions y compris les plus sensibles, celles des droits de l'Homme, si elle-même fait des efforts".

Le résultat est que Sarkozy prétend s'être entretenu avec son homologue tunisien sur la question des prisonniers politiques et ajoute même: "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".

Je ne connais pas précisément la situation de la Tunisie mais je pense que pour se faire un avis objectif de l'action d'un gouvernement il fut porter attention à ce qu'en disent les dissident (comprenez ceux que le pouvoir en place tente de faire taire); tous s'accordent à dire qu'il s'agit d'une dictature et que l'opinion même est sanctionnée.

D'ailleurs Mme Ramatoulaye Yade (son vrai prénom) qui pensait naïvement pouvoir honorer son entrevue avec une association féminine droit de l'hommiste. Initiative avortée après son rappel à l'ordre par le président car il était apparemment venu pour parler business et rien d'autre. Il le dit lui même qu'il ne souhaite pas se poser en "en donneur de leçons" ( ne l'avait-il pas fait lors de sa visite à Dakar?).

Les journalistes déçus de ne pas avoir pu couvrir l'événement dans son intégralité auraient dû s'y attendre car Sarkozy s'était déplacé avec une armada de chefs d'entreprise dans l'optique de conclure quelques contrats et poser les bases de «l'union pour la méditerranée».

Voyez que dès lors qu'il y trouve un intérêt économique, le président Sarkozy fait fi de ses convictions humanistes et se dédouane de son statut de moralisateur.


Il y eu ensuite le visite du colonel Mouammar el Kadhafi en France qui a provoqué un tollé chez les journalistes français qui regrettaient l'accueil d'un «dictateur» sur le sol français. Vu de l'extérieur cette manœuvre a tout l'air d'un échange de bons procédé car la libération des infirmières bulgares précède tout juste le retour du président libyen sur la scène internationale ce qui a permis à Sarkozy (et à sa femme) de faire un coût médiatique non négligeable et il faut rappeler au passage que la Libye a passé une commande de 20 milliards d'euros en matériel. Ce qui explique ce retour en grâce de Kadhafi qui «booste» au passage l'économie française.

Enfin tout le monde s'est étonné de cette visite à l'heure où le président à décider nommer un secrétaire d'État aux droits de l'homme et cet événement fut l'occasion d'observer à quel point les hommes(et femmes) du gouvernement sont démunis face aux Président et la phrase de Mme Yade est révélatrice de son impuissance et de sa frustration:"Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". (petite rébellion sans lendemain)


Je termine cet article en évoquant le passage du président Sarkozy en Arabie Saoudite; voyage une fois de plus placé sous le symbole du business. En effet la France a ainsi conclu plusieurs contrats avec la royauté Saoudienne avec la même délégation de ministres et autres hommes d'affaires.

Il y avait pourtant des thèmes de discordes entre les deux pays dont l'un est président des droits de l'homme. Mais une fois n'est pas coutume le président a opté pour la cape du VRP faisant même taire ses réticences envers l'islam car en État islamique régit par la charria le pays hôte ne saurait recevoir un couple non marié car il n'accepte pas la notion de concubinage et Ryad ne saurait être le théâtre de son idylle avec Carla Bruni.


On remarque alors que le discours de la France est a géométrie variable selon que l'interlocuteur est détenteur ou non d'une matière première indispensable à son économie (gaz, pétrole et contrats militaires).


Cette visite dans le monde arabe est selon moi un moyen de vérifier le proverbe africain qui dit que «quand l'argent parle, la vérité se tait»

Par abou
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 14:23

 L'envie m'a pris d'écrire sur ce thème depuis le fameux discours de N.Sarkozy à Dakar (capitale de mon pays d'origine bien qu’étant né en France mais c'est un autre débat). Discours qui était semble t-il adressé à la jeunesse sénégalaise mais aussi à la jeunesse africaine en général.

 

Ce discours a fait a laissé place à un grand mécontentement dans l'intelligentsia africaine qui déplore le jugement passéiste et réducteur du président français sur les populations africaines. Beaucoup d'ouvrages sont alors parus en réponse à ce discours mais surtout en réponse à une phrase prononcée lors du discours: «le drame de l’Afrique, (qui est) que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

 

Cette phrase n'est en effet pas passée inaperçue et même le président A.Wade s'est indigné à l'écoute des mots du président Sarkozy (après qu'il soit parti bien sûr) avant de lui reprocher son manque d'expérience: «Sarkozy vient d’arriver au pouvoir, il a beaucoup à apprendre.» et de condamner l'auteur du discours H.Guaino conseiller du président: «Celui qui a écrit le discours,  est en retard de cinquante ans». Réaction mesurée du président Wade qui confesse que son statut bride sa véhémence: «Je suis un peu limité parce que je suis un chef d’Etat, il y a des choses que je ne peux pas dire d’un Etat ou d’un chef d’Etat»

 

Cet aveu de faiblesse est révélateur d'un mal qui touche les classes politiques de tous les pays à savoir l'incapacité des hommes (et femmes) d'Etat à tout simplement dire ce qu'ils pensent et dans l'espèce à dire avec franchise que l'on se sent insulté par des propos généralistes et paternalistes. On me répondra que la diplomatie est basée sur l'absence de passion dans un débat sérieux mais n'est-ce pas justement ce manque de franchise qui explique aujourd'hui la situation en Géorgie.

 

Insultante, l'allocution l'était assurément et à plus forte raison lorsqu'on a une attache réelle sur le continent mentionné.

On peut penser légitimement que ma position nuit à mon objectivité mais je pense qu'il faut remettre les choses en perspective:

  • la France étant l'ancien pays colonisateur et formateur des actuelles élites noires (l’intellectuel africain Stanislas Spero Adoveti affirmait que:"la négritude est une invention des fils des élites africaines, collabos des colons, envoyés faire leurs études à la Sorbonne à partir des années 30 ; un ethnocentrisme importé, un concept blanc.").
  • élites qui n'ont retenu de leur formation occidentale que la forme ce qui donne des simulacres de démocraties qui autorisent une dictature d'Etat à condition qu'il y ai eu des élections préalables
  • les anciennes colonies n'ayant pour ainsi dire qu'une cinquantaine d'années si on considère leur date d'indépendance (ce qui assez limité pour "entrer dans l'histoire")
  • indépendance qui reste fictive tant elle est réelle sur le plan économique (dettes auprès de le Banque mondiale, absence d'autosuffisance alimentaire...)

L'Afrique n'est donc structurellement pas en état de décider elle même de son propre sort d'autant qu'avec la mondialisation il faut avouer que son destin n'est pas entre ses seules mains. J'en veut pour preuve la situation du Mali qui au jeu des subventions perd sans appel contre les Etats-unis sur le marché du coton

      

D'autant plus qu il ajoute à cela:«Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles»

Comble de l'insulte!!!! Je me permets de commenter ce passage.

                 •    Tout d'abord je constate que le président Sarkozy manie l'amalgame de façon abusive. D'abord il englobe dans son discours la totalité de l'Afrique noire puis il assimile tous les africains à des paysans. S'il avait voulu parler des habitants des zones rurales de France il aurait poliment employé le terme d'agriculteur. Il utilise ici le terme de "paysan" avec tout ce qu'il comporte de connotations péjoratives et avec l'arrogance de la noblesse.

                    •     Par ailleurs il reproche à ces paysans leur inconscience qu'en aux enjeux politiques et économiques qu'ils subissent fatalement du fait de leur inconscience.

                    •     On a aussi droit au cliché du nègre animiste aspirant à une communion avec la nature et n'attendant que l'arrivée d'une pluie salvatrice et annonciatrice de bonnes récoltes. Je lui répondrait qu'il suffit de regarder le JT de J.P.Perneau pour observer que dès que la pluie se fait rare les "paysans" français ne manquent pas de le faire remarquer et de déplorer des mauvaises récoltes car jusqu'à preuve du contraire il faut de l'eau pour cultiver la terre.

                    •      De plus il reproche à ce paysan son archaïsme dans ses méthodes de travail et qu'en somme il n'est pas au diapason d'un monde en constante évolution.

L'envie me prend de lui demander quel mal y a-t-il à vivre des ses cultures et de n'aspirer qu'à vivre en adéquation avec son environnement? Qu'a-t-il à proposer à ces "paysans" qui dépasse à ce point leur entendement?

Il y a en effet de quoi se sentir insulté. Il reprend la théorie de la négritude qui réduit l'homme africain à sa culture à savoir la danse et l'artisanat (je caricature). Concept dévelopé par Aimé Cesaire et reprise par Lepold Sedar Senghor qui font partie des rares noirs francophones à être entrés dans l'histoire (de France); ce concept découle sur un sorte de fierté noire tirée de son passé douloureux. Or à mon sens, il n'ya pas lieu d'éprouver de la fierté pour quelque chose dont y est pour rien (la couleur de peau); de plus la notion de fierté débouchant le plus souvent sur l'idée de compétition cela devient contre-productif (certes l'homme noir a, comme tous, un passé et une culture d'où il tire son honneur et d'après lesquels ils se détermine).

 

Face à cela il y a une réalité économique qui fait qu'aujourd'hui nombre de jeunes partent de Dakar pour atteindre l'Europe et un gouvernement local inactif face à cela trop heureux de pouvoir jouir des rentrées de devises des expatriés (qui constitue une bonne part des recettes) et qui contribue à la modernisation du pays.

D'un point de vue local le "crime" réside selon moi dans le taux de chômage des diplômés qui a défaut de pouvoir travailler dans leur pays sont contraints d'émigrer à l'étranger ne pouvant pas ainsi contribuer à l'essor national (le pillage des cerveaux n'étant pas le seul fait des pays accueillants).  Or si les diplômés sont au chômage que dire des autres et "on empêchera pas les hommes de courir vers les oasis de richesses".

 

De plus on peut reprocher au gouvernements africains de cultiver ce complexe d'infériorité vis à vis des anciens colons; gouvernements qui au sortir de l'indépendance n'ont pas su à mon sens synthétiser les spécificités locales pour former une nation à l'image de sa population.

 A l'inverse le système démocratique à l'européenne a été érigé en modèle tel un postulat; ce qui donne in fine pour le cas du Sénégal une constitution qui est copiée/collée sur celle de la France et la langue officielle est devenue le français en dépit des langues locales. Ajoutez à cela une administration rongée (au plus haut lieu) par la corruption; comment dès lors développer l'idée d'un patriotisme qui sensibiliserait l'homme africain à la cause nationale? Car avant d'être un immigré parasite dans un pays trop généreux (allocations, aide au logement...) on oublie qu'il est d'abord émigré et qu'il quitte sa terre et sa famille.

 

Pour conclure on peut remarquer la suffisance du président Sarkozy envers des peuples qui n'ont rien à lui rapporter d'un point de vue marchand et dont il nie le passé historique. Doit-on rappeler que la France d'aujourd'hui est le fruit de nombreuses guerres et de centaines d'année d'existence?

Nous verrons de ce fait que son discours change dès lors que l'interlocuteur dispose d'une richesse dont il a besoin.

 

Par abou
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 18:41

La question qui se pose alors est d'où vient cette récalcitrance et ce scepticisme exacerbé vis à vis du religieux dans notre société?

Dans le cas français il pourrait s'expliquer assez facilement par le fait qu'il s'agit d'un Etat laïque depuis la loi de 1905 qui a consacré ce principe à savoir la séparation des églises et de l'Etat et  qui se traduit par le principe de non-ingérence réciproque entre ces deux entités.

L'Etat (le civil) ne doit donc plus s'immiscer dans le religieux et vice versa, voilà pourquoi on a désormais un mariage civil d'une part et un mariage  religieux de l'autre; idem pour le baptême qui ne suffit plus à officialiser la naissance d'un enfant qui doit être enregistré à l'état civil pour être reconnu.

Le concept de laïcité étant posé, je me pose tout de même la question de savoir pourquoi cette véhémence chez certains dans leurs commentaires sur les religions, je prend pour exemple les attaques envers le christianisme dans un premier temps qui a subi les foudres de

  • Voltaire:« Dieu a créé l’homme à son image, et l’homme le lui a bien rendu », ou encore : « Dieu est toujours pour les gros bataillons. »;
  • ou encore de Nietzsche dans l'Antéchrist : "le christianisme doit sa victoire à cette pitoyable flatterie de la vanité personnelle, par là il a attiré à lui tout ce qui est manqué, bassement révolté, tous ceux qui n'ont pas eu leur part, le rebut et l'écume de l'humanité."

Puis envers l'islam plus récemment avec

  •  les caricatures du Canard Enchaîné sur le prophète Muhammad (SAW),
  • les petites phrases de Houellebecq «"La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré!»; "L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition"
  • ou encore Robert Redeker: « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran » ; « Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. »

Voltaire en son temps avait pour lui l'excuse de la toute puissance de l'église et son comportement était alors subversif et transgresseur pour ne pas dire blasphématoire. Ses contemporains disposent d'un bouclier beaucoup plus efficace que lui a conféré l'Etat, il s'agit de la "liberté d'expression" concept "droit de l'hommiste" qui autorise quiconque à devenir insultant vis à vis d'une communauté ou d'une religion sans pour autant avoir à en répondre.

Si je fais ce parallèle avec l'époque des Lumières c'est parce qu'en raison de la loi sur la laïcité, il est devenu loisible pour les philosophes, sociologues et autres libres penseurs d'injurier des croyances tout en étant présent sur les plateaux télé et les émissions de littérature de façon quasi institutionnelle, quand à l'époque de tels actes étaient passibles d'exil forcé ou d'exclusion sociale. Il ne s'agit pas là de glorifier un passé que je ne connais absolument pas mais simplement de montrer que nous sommes passés d'un extrême à l'autre.

C'est justement là que ce débat devient intéressant car c'est en partie dû au comportement de l'église à l'époque que s'opère aujourd'hui un tel retour de bâton. Si on se penche un peu sur le passé, on se rend vite compte que l'église a pendant longtemps contribué à construction historique de la France tout en piétinant au passage les "petites gens".

A l'époque du servage, le clergé ne faisait-il pas partie avec la noblesse des dominants; les paysans devaient acheter leur droit d'entrée au paradis auprès de l'église qui leur réclamait également un impôt pour son compte (la dîme servait à l'entretien des structures cléricales); c'est encore l'église qui couronnaient les rois et empereurs (qui oppressaient le peuple) de par son pouvoir "divin"; l'inquisition faisait office de police des moeurs et de la foi  même en dépit du bon sens j'en veut pour preuve le cas de Galilée.

En somme, nombre des maux de la population sont à mettre au crédit de l'église et le scepticisme que j'évoquai plus haut trouve ici selon moi son origine.

De fait dans un contexte de laïcité républicaine, tout événement religieux (comprenez  "fait divers") est vécu par la société comme une immixtion intolérable dans la vie civile. Il y a eu récemment une histoire à Vigneux dans l'Essonne ou une association voulait organiser un tournoi de basket exclusivement féminin et dont le profit (fait important mais pas assez relayé selon moi) devait profiter aux victimes palestiniennes.
Les médias et les politiciens sont alors montés aux créneau et dans l'émission "C dans L'air" de l'époque un homme dont je ne me souviens plus le nom a affirmé qu'il s'agissait d'une énième tentative par une mouvance musulmane de test des défenses de la république après le voile à l'école et le mariage vierge.

Au vu de tout cela, force et de constater qu'aujourd'hui, c'est l'islam en tant que religion "insoluble dans la démocratie" qui est la cible de toutes ces attaques  auxquelles vient s'ajouter celle de l'écrivain Tunisien Abdelwahab Meddeb qui parle lui de "malédiction de l'islam", qu'il faudrait purifier en euthanasiant ces branches les moins conventionnelles (je caricature), objectif qui justifierait soit dit en passant les tortures sur les suspects de terrorisme ou les bombardements des populations afghanes qu'il considère comme étant des dommages collatéraux

Selon moi, ce mépris du religieux a une conséquence facilement observable dans nos société, il s'agit d'un vide spirituel flagrant. Ce vide pousse certains rechercher le transcendant à travers diverses mouvances sectaires (raeliens, scientologues), d'autres accordent un crédit grandissant a la numérologie et à l'astrologie. Cette théorie expliquerait peut-être le nombre croissant de croyants chez les bouddhistes en France. Car il ne faudrait pas nier le message de paix et d'espoir qui est véhiculé par les différentes religions qui demeure universel ( et non pas galvaudé comme on pourrait le croire); message qui est repris sous différentes formes aujourd'hui et qui prouve que l'Homme aspire à un autre destin que celui de l'homo oeconomicus/citoyen d'aujourd'hui.



EDIT: Je ne pouvais pas être plus en phase avec l'actualité. Un fait divers juridique vient de corroborer mon analyse qui veut que tout événement religieux soit vécu comme une attaque envers les lois de la République.
On vient d'apprendre qu'un juge avait ajourné son jugement sous prétexte que l'un des prévenus jeûne en ce mois de ramadan. Les syndicats des avocats se sont insurgés contre cette décision et appellent au respect du principe de laïcité. Le juge en question réfute cette accusation et affirme que sa décision a été motivée "au vu des éléments du dossier".
Ce fait n'est qu'un fait divers (quiproquo entre un juge et des avocats) mais les médias se sont emparés de l'affaire en titrant sur les chaînes d'information en continue: "JUGEMENT REPORTE POUR CAUSE DE RAMADAN".
D’un point de vue factuel le spectateur pense légitimement que l'information est juste, mais là où je soupçonne un manque d'objectivité c'est que les médias ont sauté sur l'événement en adoptant immédiatement la thèse des avocats (d'où le titre) en accordant aucun crédit à la parole du juge et sans même prendre le temps d'évoquer les faits.


La seule conclusion que l'on peut en tirer est qu'un musulman devait passer en jugement mais qu'il y a "échappé" grâce au ramadan; ce qui n'est pas pour réconcilier les gens avec les valeurs religieuses et avec l'islam en particulier.

 

 

Par abou
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 13:12

Je souhaiterai réagir sur un reportage qui est passé sur France 2 dans l'émission "Infrarouge" du 30/05/08 qui portait sur la polygamie en France.

D'un point de vue légal, la polygamie est une pratique qui est interdite en France et ce reportage nous proposait de nous emmener dans  des endroits en France (comprenez les banlieues) ou ces pratiques ont encore cours. On y voit des familles originaires d'Afrique du Nord et d'Afrique occidentale qui vivent dans une situation de polygamie sur le sol français.

D'un point de vue purement factuel, on y voit des témoignages de couples avec d'un côté les époux qui vivent leur situation de façon tout à fait naturelle car il s'agit pour eux d'une pratique à la fois culturelle et religieuse (l'islam autorisant l'homme à prendre jusqu'à quatre femmes pour épouses sous certaines conditions) et les femmes qui expriment leur mécontentement tout en acceptant fatalement leur sort de par leur soumission à leur mari. Elles expliquent ainsi leur difficultés dans la vie commune: l'antipathie naturelle éprouvée envers l'autre épouse (l'obligation de devoir "partager" son époux) qui est renforcée par la promiscuité de l'appartement.

Le reportage montre également des réunions de femmes du même quartier toutes plus ou moins concernées par le problème, réunion présidées par des femmes qui ont vécu ce genre de situation qui "s'en sont sorties" par le biais du divorce ou de la séparation. Des femmes parlent alors de leur cas, certaines évoquant leur libération, d'autres leur supplice.

Le reportage en lui même aurait pu être constructif car il s'agit d'un fait de société, de la survivance d'une pratique qui est prohibée en France. Néanmoins, je lui fais le reproche d'être totalement à charge car il fait fi d'un aspect qui est  présent de façon implicite mais dont le spectateur n'a aucune explication; je parle bien sûr du côté religieux de cette pratique.

D'un point de vue déontologique, le réalisateur du reportage aurait été avisé de faire intervenir un savant musulman afin d'expliquer aux spectateurs les origines et les "objectifs" de cette tradition de façon claire et univoque. Mais en l'absence d'une telle explication, le spectateur est contraint de se forger sa propre opinion à l'issue du reportage.

Et une personne qui n'aurait aucune connaissance sur le sujet pourrait conclure naïvement qu'il s'agit d'une pratique proche de la débauche, pratiquée par des immigrés d'Afrique pour leur plaisir personnel en dépit de leurs épouses qui leur sont culturellement soumises.
De plus, le reportage ce permet d'alimenter des clichés de bas étage proches de certains discours nationalistes lorsque est relatée l'histoire de cet homme qui heureux de pouvoir disposer des allocations familiales (comprenez l'argent du contribuable) s'en retourne au pays afin d'y prendre une énième épouse; idem pour cet homme qui refuse de piocher dans ses économies pour faire hospitaliser sa femme car il avait prévu lui aussi de prendre une nouvelle épouse au pays.

De mon point de vue, je pense que chacun peut avoir un avis sur la question à condition d'analyser le problème avec honnêteté et objectivité. Il s'agit pour moi d'une pratique qui ne me dérange aucunement et  avec du recul, cela me paraît plus honnête que les cas d'adultères et autres tromperies que vivent d'autres couples ici de façon quasi institutionnelle.
Et à ceux qui penseraient que cette pratique est inique et regressiste, je reprendrait l'argument d'un des hommes du reportage à savoir que c'est le gouvernement de l'époque qui par le biais du regroupement familial à autorisé les hommes venus travailler à faire venir leur familles du "bled" avec tout ce que cela comporte comme conséquences.


Enfin il faut également préciser que les hommes polygames présentés dans ce reportage ne le pratiquent pas conformément à la religion car comme je le disais plus haut il y a des règles strictes qui encadrent cette pratique notamment en terme d'égalité de traitement et d'espace vital entre les épouses (point qu'il aurait été judicieux de soulever).

Ce reportage qui a été diffusé sur une chaîne du service public manquait selon cruellement de bon sens et ce permet de critiquer injustement l'islam de façon totalement subjective sans que personne ne  le remette en cause (même dans la communauté musulmane ce qui prouve qu'elle n'est pas organisée comme on voudrait le faire croire).
Imaginez un instant que la chaîne de télévision Al-jazira décide de diffuser un reportage sur la pédophilie et que l'on comprenne qu'il s'agit d'une pratique occidentale enseignée par les prêtres dans les églises (je prend volontairement un cas extrême); il y aurait eu un tôlé et cela pourrait même avoir des conséquences d'ordre politiques car cela serait une insulte envers la population et envers son culte.


La conclusion qui en est tirée est identique à celle de la première partie, à savoir l'idéologie véhiculée médiatiquement et politiquement par la mouvance "ni pute, ni soumise". Le réel problème n'étant pas la banlieue en elle même mais les hommes qui y vivent tout en opprimant leurs filles ou leur soeur (en les forçant à mettre le voile, en les obligeant à rester vierges) et leurs femmes (maltraitances, polygamie..).
Ce thème étant un filon pour les débats politiques et tous les hommes d'origine immigrée sont amalgamés à ces comportements et cela alimente également la polémique sur le ministère de l'immigration et de l'identité nationale.



 

Par abou
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 11:37

En tant que musulman, je pense être bien placé pour observer qu'en France les événements dans lesquels le religieux est impliqué débouchent sur des débats passionnés entre les différentes classes politiques. J'en prend pour preuve le débat qui a fait suite a l'annulation du mariage pour cause de non virginité de l'épouse: le plus surprenant dans cette affaire c'est qu'en droit lorsqu'il il y a eu une manoeuvre frauduleuse (le mensonge) qui a conduit l'un des co-contractants à s'engager, il en découle la nullité dudit contrat. En France le mariage étant un contrat ce dernier doit se voir annuler car le consentement du mari a été vicié (le dol).

Des politiciens suivants la mouvance "ni pute, ni soumise" sont montés au créneau pour qualifier cet acte de régression du statut de la femme et d'atteinte à sa liberté sexuelle avec en fin d'élocution la phrase (prononcée par plusieurs JT) :"rappelons qu'il n'est pas écrit dans le coran que la femme doit  être vierge lors de son mariage". Cette phrase prononcée semble-t-il à titre informatif contribue à la discrimination d'une communauté qui n'aurait même pas l'intelligence de se conformer à son texte de référence.


La secrétaire d'Etat chargée à la famille Nadine Morano était intervenue à ce sujet en affirmant que chez certaines personnes catholiques la virginité constituait un "atout" lors du mariage. Le débat opposerait donc "le religieux" et les valeurs républicaines, mais ce sont là les institutions qui n'ont pas l'intelligence de se conformer à leur texte de référence, en effet l’article 180 du Code civil, selon lequel «s’il y a eu erreur sur la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage» est explicite et est parfaitement applicable dans ce cas.

Il ne s'agit pas là de donner raison ou tort à l'époux ou à l'épouse mais je pense que tout sujet doit être débattu avec une certaine honnêteté intellectuelle et ne doit pas faire écho à un Buzz médiatique sur un sujet plus que polémique.

S'il y a quelque chose de consternant dans cette affaire c'est que des juristes se sont opposés à la proposition d'annulation de la décision du juge car cela remettrait en cause des principes fondamentaux de droit. De plus le juge en question a dit avoir prononcé des annulations de mariage pour cause d'impuissance du mari. Ces annulations n'ont pas fait l'objet d'un article et aucune association ne s'en est émue.

Je note également cette immixtion du pouvoir exécutif dans le quotidien juridique ce qui est à mon sens une remise en question du principe de séparation des pouvoirs sous prétexte d'une solidarité avec les jeunes femmes d'origine musulmanes qui se retrouveraient discriminées en raison de leur aspiration à la "liberté".

Il s'agit sonc bien d'une critique à peine voilée (sans jeux de mots) envers l'islam et plus généralement envers les religions qui prônent la chasteté comme une vertu et comme une qualité non négligeable dans l'optique d'un mariage devant Dieu.






 

Par abou
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